Les 15 et 16 août 2026, une mobilisation du personnel de cabine easyJet a fortement perturbé les voyages en France. Près d’une centaine de vols ont été annulés au départ ou à destination de plusieurs aéroports français, après un mouvement mené notamment par l’UNPNC-CFDT. Pour les voyageurs concernés, la question est simple : une grève easyJet signifie-t-elle automatiquement qu’aucune indemnisation pour les perturbations de vol easyJet ne peut être réclamée ?

Une grève ne supprime pas automatiquement le droit à indemnisation
Le fait qu’un vol soit perturbé par une grève ne suffit pas, à lui seul, à déterminer les droits du passager. Dans le cadre du règlement européen applicable, une compagnie peut être exonérée d’indemnisation lorsqu’une perturbation résulte d’une circonstance extraordinaire, c’est-à-dire d’un événement qu’elle ne pouvait pas éviter malgré des mesures raisonnables.
La nature de la grève est donc essentielle. Une grève interne concernant les salariés de la compagnie pour des raisons liées à leurs conditions de travail n’est généralement pas assimilée à une circonstance extraordinaire. Certaines grèves externes, comme celles impliquant les contrôleurs aériens ou des services aéroportuaires, peuvent en revanche relever de cette exception.
La mobilisation d’août concernait le personnel navigant commercial d’easyJet en France, notamment dans les bases de Paris-Orly, Paris-Charles-de-Gaulle, Lyon, Nice, Nantes et Bordeaux. Cette distinction est donc importante pour comprendre comment les demandes des passagers doivent être examinées.
Retard ou annulation : les conditions ne sont pas les mêmes
Même lorsqu’une grève interne est concernée, l’indemnisation n’est pas automatique. Chaque vol doit être étudié selon ses circonstances propres.
Pour une annulation easyJet, le délai auquel le passager a été informé ainsi que le réacheminement proposé peuvent notamment influencer ses droits. Pour un retard de vol, c’est l’heure d’arrivée à la destination finale qui compte. Lorsque le retard atteint au moins trois heures et que les autres conditions sont remplies, une indemnisation peut être due.
Le montant éventuel dépend de la distance du trajet et du régime applicable. Dans le cadre européen, les montants forfaitaires peuvent atteindre 250 €, 400 € ou 600 €, selon la distance et les circonstances du vol.
Les frais engagés peuvent aussi compter
Une perturbation pendant une période de forte affluence peut avoir des conséquences qui dépassent le simple retard. Un passager peut, par exemple, manquer une correspondance, devoir passer une nuit supplémentaire sur place ou engager certains frais pour poursuivre son voyage.
Ces dépenses ne correspondent toutefois pas automatiquement à une indemnisation forfaitaire. Le remboursement, le réacheminement, la prise en charge pendant l’attente et l’indemnisation répondent à des règles différentes et peuvent, selon la situation, se cumuler.
Il est donc préférable de conserver :
- la confirmation de réservation et la carte d’embarquement ;
- les notifications et communications reçues d’easyJet ;
- les horaires prévus et les horaires réellement effectués ;
- les justificatifs des dépenses liées à la perturbation.
Quand la nature de la grève doit être vérifiée
Déterminer si une grève relève ou non d’une circonstance extraordinaire, puis vérifier les conditions applicables au vol concerné, peut être complexe. Skycop accompagne les passagers dans l’évaluation de leur situation et peut gérer les échanges avec la compagnie lorsqu’une demande d’indemnisation est engagée.
Après la grève easyJet, chaque vol compte
Les perturbations des 15 et 16 août 2026 montrent pourquoi la seule mention « grève » ne permet pas de déterminer les droits d’un passager. La nature du mouvement social, le type de perturbation, le délai d’information, le réacheminement et le retard à l’arrivée peuvent tous jouer un rôle.
Pour un passager touché par une grève easyJet, la bonne approche consiste donc à examiner les circonstances précises de son vol. C’est cette vérification qui permet de déterminer si une indemnisation ou une autre forme de prise en charge peut être réclamée.
